L’Internet de demain

Les nouvelles technologies n’ont de cesse d’évoluer. Que ce soit du côté des services (moteurs de recherche, réseaux sociaux, boutiques en ligne) ou du côté matériel (les smartphones, les tablettes, les fablabs…),  de nombreux changements voient le jour chaque année et il est parfois difficile de rester « in » !

Knowledge Graph

Commençons par le commencement. Pour faire simple, Knowledge Graph (« knowledge » en anglais veut dire connaissance) est un nouveau service de Google qui anticipe vos recherches et les interprète. Vous avez certainement vu apparaitre ces nouveaux encarts sur la droite des résultats de recherches qui présentent un résumé (une fiche Wikipédia) de la recherche associée.

Knowledge Graph

Knowledge Graph

Exemple (dans un nouvel onglet).

Knowledge : concrètement ça m’apporte quoi ?

Vous allez bien sûr me commenter que si c’est pour mettre un widget Wikipédia dans les résultats de recherche, monsieur Google ne s’est pas foulé… En fait, Knowledge Graph est plus subtile. Son ambition est d’anticiper nos recherches et de comprendre que les mots clés « Jules » et « Vernes » ne sont pas seulement une association de deux mots-clés, mais peuvent mentionner une personne, un restaurant, un trophée etc.

Ainsi, un autre des apports importants de Knowledge Graph c’est qu’il se propose de vous faciliter la recherche en ciblant la signification de vos mots-clés avec « Afficher les résultats pour » (n’existe pas encore tout à fait en France mais se démocratisera bientôt), avec lequel vous avez alors la possibilité de sélectionner la véritable signification de votre recherche : Jules Vernes l’auteur ? le restaurant?

Knowledge : ceci est une révolution ?

Définitivement, non. Il est la conséquence de nombreux changements dans le monde du référencement des sites qui tendent vers l’intelligence artificielle, mais il n’en est qu’un révélateur, c’est l’effet, pas la cause. De plus, Knowledge graph ne fonctionne pour le moment qu’avec Wikipédia. Il est toutefois très représentatif de l’Internet de demain où les résultats de la recherche proposent une anticipation contextuelle des résultats qui sera le fer de lance de Google Now.

J’en veux pour preuve le propos d’Amit Singhal, sur le blogspot de Google France :

Nous sommes fiers, au travers du Knowledge Graphe, de faire notre premier (tout petit) pas vers une recherche plus intelligente, et plus proche de “l’ordinateur de Star Trek” que j’ai toujours rêvé de construire.

Amit Singhal, Vice Président Senior de Google Inc.

Pour en savoir plus, page officielle de Knowledge sur Google France

Google Now

J’en parlais à l’instant. Révélé courant juin 2012 pour la présentation d’Android 4.1, Google Now est une application Android, installée par défaut dans la version 4.1, on l’a découverte avec le Galaxy Nexus. Bien qu’on en soit encore au balbutiements et que l’application relève du gadget, on entrevoit déjà le futur de l’Internet et du « push search ».

Google Now

Google Now

Google Now, ok, mais quid de Google Plus Tard ?

Mon niveau de jeu de mots foireux. Le « push search », c’est l’idée de pousser une information vers un utilisateur plutôt que de la lui tirer. Autrement dit, anticiper les besoins avant même que l’utilisateur n’ait à aller la chercher sur un site.

Pour l’anecdote, le nom de code de Google Now avant sa sortie était « Majet » du nom de Majet Barret, l’actrice qui a donné sa voix à l’ordinateur de Star Trek. Décidément je ne sais pas ce qu’ils ont chez Google avec l’ordinateur de Star Trek…

Bref, en mettant Google Now en perspective, on comprend toute la dimension que prend le Knowledge Graph. Imaginez vous un jour recevoir une alerte sur votre portable à peine après avoir mis le pied sur les marches d’une bouche de métro pour vous prévenir qu’il y a des perturbations sur la ligne. Imaginez-vous des réflexions du type « ça te dérange si on fait un détour par la rue de la gare ? si on passe par rue de Rennes on va se taper toutes les pubs des boutiques sur nos portables ». Certes mon extrapolation est cynique mais entre la géolocalisation des pubs et le street-marketing il n’y a qu’un pas.

Évolution technologique versus fracture numérique

Nous l’avons vu ces dernières décennies avec l’emploi, au jour d’aujourd’hui, pour faire un c.v. et une lettre de motivation, pour recevoir et répondre à des mails, pour actualiser son statut de demandeur d’emploi sur le site de pole-emploi.fr, bref, pour trouver du boulot, n’importe quel boulot, il faut un ordinateur et une connexion internet.

Cher monsieur François Nogue, si vous me lisez, à défaut de resolidariser les gens en fracture numérique avec l’emploi en cessant l’incitation à l’utilisation systématique du numérique, ayez au moins l’amabilité de mettre à disposition de vos chômeurs des ordinateurs et des imprimantes dans vos agences.

Fracture numérique de demain

Si nous étions il y a 20 ans, et que je vous disais qu’il presque impossible de trouver un emploi sans un ordinateur et internet, vous me croiriez ? Et si je vous disais maintenant qu’il pourrait en être de même à l’avenir pour trouver un logement, une banque, régler ses factures ou ses feuilles d’imposition ? Les gestes les plus courants de la vie quotidienne sont de plus en plus déléguées au numérique.

En tant que passionné et professionnel des nouvelles technologies, je ne peux que m’en réjouir, mais outre les questionnements sociologiques de notre dépendance électronique (pour rappel : une simple éruption solaire un peu plus forte que les autres peut générer une panne d’électricité mondiale, telle que celle de 1989 qui s’était heureusement limité au Québec et dont les aurores boréales étaient visibles jusqu’au Texas) je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il adviendra de ceux qui n’auront pas accès au numérique et donc pas accès aux gestes de la vie de tous les jours.

Est-ce qu’un jour prochain, on parlera des Sans Connexion Fixe comme des Sans Domicile Fixe, avec des conséquences aussi grave ?

On va prendre un exemple très concret. Je parlais dans le chapitre sur Google Now de l’idée de recevoir une alerte sur son portable avant même de rentrer dans le métro pour prévenir d’éventuelles perturbations sur la ligne. Google communique déjà là-dessus, ce n’est plus de la science-fiction, ça nous tombera dessus un jour ou l’autre prochain. À force que ce type d’alertes se banalise dans notre vie quotidienne, les entreprises, pas folles (encore que),  vont s’adapter et en l’occurrence pour la RATP probablement déléguer ce type d’alertes vers le tout-numérique. Seulement voilà, le numérique a un coût. Un écran tactile, une batterie au lithium, ce n’est pas accessible à tous. Tout comme un ordinateur. Pourtant je repose ma question : si je vous avais dit il y a 20 ans que dans le futur il n’y aurait pas moyen de trouver un emploi sans un ordinateur et Internet, vous m’auriez cru ?

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Classé dans Culture numérique

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