OpenStreet Map versus GoogleMaps

Bosser pour Google ou pour le reste du monde ?

Google Maps, tout le monde connaît ou presque. C’est (l’incontournable ?) service de cartes, plans et itinéraires proposé par la société de Mountain View. Du pur mainstream donc où chaque utilisateur rase gratis pour l’Ogre qui monétise votre cognitariat. Plus sympathique en revanche, un projet de cartographie vraiment ouvert et collaboratif, comme on les aime chez nous : OpenStreet Map ou OSM pour les intimes. Certes, là encore votre travail n’est pas rémunéré, mais il a le mérite d’être pleinement conscient et personne (ou presque) ne fera du beurre sur votre labeur.

Ouvrir les chakras des données pour la cartographie

OpenStreet Map s’inscrit dans la lignée de ce que l’on appelle les « données ouvertes » ou, plus fréquemment, les open data. Ces données permettent, à ceux qui le désirent – donc des particuliers, des organisations à but non lucratif, mais aussi des sociétés privées voire des administrations – et qui en ont les compétences, d’être reprises et exploitées sous diverses formes (sites Web, applications mobiles, bases de données…) pour générer d’autres services, des statistiques, etc.

Ce monde des données ouvertes explose littéralement ces dernières années et les services publics, gros pourvoyeurs de données, génèrent par ricochet une myriade de projets dans le monde des logiciels libres et des start-up de tous poils. OpenStreet Map, projet mondial est de ceux-là.

Œuvrer pour le Bien Commun

En reprenant un certain nombre de données disponibles à tous, comme par exemple celles de notre bon vieux cadastre, OpenStreet Map, permet à de multiples contributeurs de cartographier le monde, nos villes particulièrement. Ce travail de petits ruisseaux qui font les grandes rivières est non seulement précieux, car il aide à améliorer l’exactitude des informations présentes sur une carte, mais aussi innovant puisqu’il offre de nouvelles données jusqu’ici absentes des cartes classiques. Les données ouvertes fabriquent ainsi de nouvelles données ouvertes qui agissent pour le Bien Commun. Voilà comment le Web et les logiciels libres permettent une fertilisation et des échanges plus riches et durables qu’un monde fait de brevets et de licences qui sont autant d’octrois à passer dans un univers que l’on nous dit pourtant globalisé.

Voyons d’autres exemples de retombées positives de l’ouverture et du partage des données. Disons que vous êtes en fauteuil roulant et que vous voulez savoir quels seront les lieux qui vous seront accessibles dans votre ville. Comme vous êtes pragmatique, avant de vous déplacer, OpenStreet Map pourra vous donner un certain nombre d’informations que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Juste parce qu’il y a des bonnes âmes qui ont (pour une fois) pensé à vous. Certains de vos concitoyens – voire des étrangers qui passaient par chez vous – ont eu l’amabilité de prendre un peu de leur temps pour renseigner quelques infos sur votre ville, votre quartier, votre rue.

Bien sûr, vous ne trouverez pas tout, mais c’est mieux que rien et les choses avancent avec le temps, là où, ailleurs, elles se complaisent à stagner (les personnes handicapées ou leurs parents savent malheureusement de quoi nous parlons).

Les données sans cesse recyclées

Juste retour des choses, certaines municipalités exploitent à leur tour les données d’OSM pour fabriquer leurs propres cartes, leurs propres plans. Bel exemple d’économie circulaire en vérité. Avec mes impôts je permets aux pouvoirs publics de produire des données ; ces données peuvent elles-mêmes être reprises et enrichies par des citoyens (au sens planétaire du terme) ; avec ces données enrichies, d’autres pouvoirs publics peuvent créer de nouveaux objets, de nouvelles données. La roue tourne, même celle du fauteuil roulant et c’est bien ça qui nous plaît !

Citons par exemple la région de Brest, haut lieu du numérique citoyen en France. Non loin de cette métropole bretonne, la ville de Plouarzel, charmante bourgade côtière donnant sur la mer d’Iroise a refait son plan grâce à OSM et au travail d’habitants de la commune lors d’une cartopartie. Tel Plouarzel, plein d’autres villes françaises ont choisi d’utiliser OSM. La liste ne cesse de s’allonger, comme celle des administrations qui utilisent les logiciels libres. Il était temps, merci la crise !

Notons en passant que la France fait partie des pays les plus actifs dans les contributions sur OpenStreet Map (les Allemands étant les recordmen). Rendons ici un vibrant hommage à l’association OSM France qui fait un boulot remarquable tant dans l’effort de cartographie de notre territoire que dans la promotion du projet auprès du public et des administrations. Nous les avons reçus, le 6 mars dernier, dans notre atelier « Vous êtes libre ce soir ? » (VELCS), en la personne de Christian Quest, son président. Merci à lui ^_^

De la cartographie à la cartopartie

Vous le savez, dans le libre on aime partager. On a pour habitude de se rencontrer en faisant des boums, des rencontres conviviales quoi, que l’on nomme des « parties » (cf. l’anglais party). Ainsi, dans l’univers des rencontres du libre, vous pourrez participer à des install parties, des cryptoparties (ou chiffrofêtes) et bien sûr, des cartoparties. La liste est loin d’être exhaustive tant les idées, les initiatives et les rencontres foisonnent. Une terre fertile, quoi.

Si vous souffrez de solitude, les rencontres liées aux projets collaboratifs peuvent être une bonne piste d’ouverture aux autres. Paradoxalement, l’histoire commence souvent derrière son écran, quand on se met à ajouter ou à corriger des éléments sur la carte d’OpenStreet Map. Avec le temps, il n’est pas rare qu’on fasse de vraies rencontres en chair et en os (ou en chair et en OSM, je sais, elle était facile) et ce, de mille et une façons :

  • en contactant un autre contributeur via la plate-forme d’OSM  ;
  • en assistant à des rencontres organisées par OSM France ;
  • en se rendant à des cartoparties ;
  • en suivant des ateliers chez nous comme « Vous êtes libre ce soir ? » (encore un peu de pub, mais c’est pour le Bien Commun !) ;
  • en montant avec d’autres joyeux contributeurs, amateurs ou éclairés, des groupes de cartographes collaboratifs.

OpenStreet Map fait des petits

OSM, c’est comme les lapins : ça fait beaucoup de petits ! Entendez plein de projets connexes. Nous parlions plus haut des handicapés qui peuvent bénéficier de certaines infos présentes uniquement sur OpenStreet Map. C’est un exemple, mais il y en a d’autres et nous n’en sommes qu’au début. Pour le moment, nous nous contentons de vous donner quelques liens, mais nous publierons, à l’avenir des billets sur chacun de ces projets :

N’hésitez pas à nous faire connaître d’autres projets frères en laissant des commentaires. Merci d’avance !

 

1 commentaire

Classé dans La vie de l'EPN

Une réponse à “OpenStreet Map versus GoogleMaps

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