Préparer les Assises de la médiation numérique

bando

Trois mois pour se manifester

Hier, c’était le dernier jour pour apporter ses contributions et réflexions sur la plate-forme dédiée en vue de la préparation des Assises du Numérique qui se tiendront les 16 et 17 octobre à Bordeaux.

La consultation lancée le 9 juillet dernier par Axelle Lemaire la nouvelle Secrétaire d’État au numérique a duré trois mois (lire le communiqué de presse). Nous avions donc trois mois pour nous manifester et faire entendre notre voix, nous, les EPN, les plus anciens artisans de l’inclusion et de la médiation numérique.

Pas facile néanmoins de réagir quand on est sur le terrain, toujours mobilisés. Le temps du recul manque cruellement. Nous avons quand même réagi au petit matin du dernier jour en publiant trois réflexions dans la catégorie « Enjeux » que nous reproduisons ci-après.

Pendant ces trois mois, les contributions n’ont pas été si nombreuses puisque la consultation était nationale. Les choses se sont grandement accélérées dans les derniers jours. Dans ce finish, nos amis d’ARSENIC ont choisi de sortir l’artillerie lourde en postant des textes fleuves, histoire d’occuper l’écran, d’obtenir du référencement et de peser dans la balance. Ils font leur boulot de tête de réseau et ils le font bien.

Les EPN parisiens font-ils réseau ?

Dans ce concert, les EPN parisiens qui n’ont pas de réseau organisé ne pèsent rien. J’aimerais bien savoir combien d’EPN à Paris ont fourni des réflexions dans cette consultation d’avant Grand Messe. Pour ma part, je ne souhaitais pas remettre du bruit dans le flot de réflexions ni ajouter des doublons. J’ai tenté de rester concis et d’apporter un témoignage, avec le temps qui m’était imparti entre 6h et 6h30 du matin avant de préparer le petit déjeuner des enfants !
Ça vaut ce que ça vaut, mais ça a le mérite d’exister.

Si vous souhaitez réagir, compléter, en apportant vos propres contributions, pour faire vivre le débat et faire en sorte qu’à l’avenir nous consolidions notre réseau, n’hésitez pas, l’espace est ouvert. Merci d’avance.

Nos réflexions pour les Assises nationales de la médiation numérique de Bordeau

Rapprocher le numérique et le travail social

Le numérique a pénétré peu ou prou tous les domaines de la société. Dans certains secteurs, comme le travail social, son entrée est encore timide voire confidentielle. Il est indispensable de créer une dynamique entre les médiateurs numériques, les travailleurs sociaux (certains médiateurs  en font partie) et d’autres professionnels impliqués dans le champ numérique : développeurs/programmeurs, roboticiens, ergonomes, designers, etc. Ce rapprochement (souvent perçu comme le mariage de la carpe et du lapin) aura pour but d’inventer des outils et des objets capables de servir le travail social et l’utilisateur final. Cette dynamique se construit dans la silver economy, elle doit se faire aussi dans le domaine de l’accompagnement social : insertion des jeunes et des adultes, grande précarité, prévention…

Assurer un service public de protection des données personnelles

En priorité pour les publics les plus vulnérables (mais pas uniquement), il serait bon que notre État, en lien avec d’autres états européens, travaille à une offre de services basiques (système d’exploitation, moteur de recherche, e-mail, cloud, coffres-forts numériques, etc.) permettant à leurs citoyens de choisir des solutions neutres, non impliquées dans le Big Data et l’utilisation des données personnelles. Ce droit à la non divulgation des données personnelles à des tiers (généralement commerciaux) doit être mis en avant et respecté.

Nos structures de médiation numérique peinent à proposer aux personnes qu’elles forment des outils non commerciaux. Il est grand temps de pouvoir faire un vrai choix de son webmail, véritable cheval de Troie de nombreux services en ligne « gratuits » où nos données personnelles sont la monnaie d’échange.

Garantir un avenir aux animateurs numériques

Les acteurs de la médiation numérique (animateurs, coordinateurs, médiateurs) exerçant dans des structures municipales et associatives n’ont pas de réelles perspectives d’évolution professionnelle et n’ont, bien souvent, accès à aucune formation.

La fiche métier intitulée « Animateur(trice) multimédia » présente sur le Portail de l’Emploi dans l’ESS illustre cette carence :

« le type d’emploi concerné est trop récent pour que les évolutions, dans et hors du poste (hormis une évolution de type hiérarchique, d’animateur(trice) à responsable de structure), puissent être clairement perçues ».

Ce handicap est fréquemment « associé » à une situation de précarité (contrat aidé, CDD, bénévolat) qui rend leur poste fragile voire caduc. Le manque de formation continue reste des plus problématiques, car le métier est confronté à la profusion des outils et des technologies et à leur rapide évolution.

Les initiatives de la DUI visant à structurer des métiers à travers des référentiels vont dans le bon sens. Il faut les poursuivre et les encourager.
Un effort particulier devrait être fourni pour aider ces acteurs (généralement très isolés) à s’organiser et à se fédérer : création de syndicats professionnels, de think tanks, d’événements collectifs, de journées professionnelles (liste non exhaustive).

Il faudrait aussi les rattacher à des conventions collectives autres que celles de l’animation socioculturelle. L’idéal serait d’en créer une qui soit propre aux métiers de la médiation numérique.

Le but final est bel et bien de consolider et de pérenniser ces emplois pour donner un avenir à ces personnels situés aux premières loges de l’e-inclusion.

2 Commentaires

Classé dans Actu des TIC

2 réponses à “Préparer les Assises de la médiation numérique

  1. Offre Bidon

    Bonjour, tout ceci n’est qu’une supercherie bien exploitée par les associations qui détournent le système ! Ils embauchent des CAE/CUI avec toutes les aides inimaginables de l’ETAT pour ensuite exclure le salarié qui s’est donné à 100% durant 1 ou 2 ans! Bravo Messieurs et Mesdames les élus locaux et autres politiciens!! ;)

    • Bonjour,

      Merci pour ce qui semble être le témoignage d’une expérience vécue ? Vous êtes ou avez été embauché(e) dans un EPN comme animateur multimédia ou comme coordinateur EPN ? Des précisions auraient été instructives.
      En ce qui concerne les emplois aidés, c’est un vrai problème :
      – Pour les associations qui ne savent plus comment maintenir leur activité et les salariés qu’elles embauchent. Il y a bien évidemment des effets pervers dans ce genre de processus parmi ceux que vous avez commencé à décrire : licenciement à la fin d’un contrat aidé
      – Pour l’État lui-même qui fait du court terme, du saupoudrage et ne permet pas aux acteurs de terrain de travailler en profondeur sur un temps long.
      Mais il y a aussi des associations qui, après la durée du contrat aidé, prolonge le contrat sous forme de CDD ou de CDI.
      On trouve de tout et c’est un peu la loterie pour le/la salarié(e) qui sera pris(e) avec un contrat aidé. Difficile en effet de savoir quel sera l’état de la trésorerie de l’association à la fin du CUI/CAE. Le mieux étant d’anticiper avant la fin du contrat en se mobilisant sur des subventions finançant un projet pour lequel le/la salarié(e) pourra travailler. Associer le/la salarié(e) à cette nécessité est peut-être un gage pour pérenniser son emploi. Il/elle sera probablement motivé(e) pour trouver des financements aux côtés de sa hiérarchie. Cela tient en grande partie à la gouvernance de la structure.
      La vie d’une association avec des salariés n’est pas une sinécure. Il faut toujours faire preuve d’imagination pour trouver du combustible qui fera rouler la machine.

      Pour finir, la proposition de créer un statut pour le médiateur numérique dans la future loi sur le numérique me semble aller dans le bon sens. Pourquoi ? Parce que cela va peut-être donner de la visibilité à notre profession et à son utilité sociale. L’agrément de médiateur numérique correspondra à un niveau BAC+4. Il sera accessible aux personnes ayant en gestion un EPN.
      Il ne faudra pas oublier tous les animateurs-trices multimédias des EPN de France et de Navarre qui n’ont pas ce niveau de diplôme (CATIC, BPJEPS TIC, BEATEP Option multimédia…) et qui, eux aussi, ont besoin de reconnaissance pour le formidable travail qu’ils/elles font avec les enfants, les adultes et les seniors.

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