Impression 3D : quelques repères historiques

Je vous avais récemment parlé de ma formation de Facilitateur fablab au Faclab pendant six mois (de mars à septembre 2016). Comme je ne peux décidément rien garder pour moi, je vous ai dit mon désir de partager mon expérience dans un feuilleton sur ce même blog. Chose promise, chose due. Commençons par un grand classique des fablabs : l’impression 3D qui, on l’ignore souvent, ne date pas d’hier !

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Utilisée d’abord dans l’industrie, l’impression 3D servait originellement au prototypage et à l’outillage rapides. Avec ses trente ans d’existence, ce procédé de fabrication se démocratise depuis sept ans environ.

1984-2006 : De la recherche à l’impression industrielle

Cocorico ! Les pionniers de l’impression 3D sont français. En 1984, les trois chercheurs Alain Le Méhauté, Olivier de Witte et Jean-Claude André déposent le premier brevet, peu de temps avant un autre précurseur, l’américain Chuck Hull, second père de la stéréolithographie (stereolithography apparatus) et fondateur de l’entreprise 3D Systems (1986), bien connue des spécialistes de la 3D puisqu’elle est à l’origine, entre autres, du format STL (Standard Tessellation Language) et de la première imprimante 3D, la SLA-250.

Mais, comme c’est souvent le cas dans l’histoire contemporaine des techniques, c’est de l’autre côté de l’Atlantique que les inventions arrivent à se développer, car le couple Scott et Lisa Crump mettent au point en 1989 le procédé FDM (Fused Deposition Modeling) repris vingt ans plus tard par les imprimantes 3D des tiers lieux et des particuliers.

En 1993, le MIT sort, lui aussi, son procédé baptisé 3DP (Three Dimensional Printing) reposant sur un apport successif de colle liquide sur une poudre plastique. L’exploitation de cette technique sera cédée en 1995 à la société Z Corporation. On voit déjà que le terme d’ « impression 3D » commence à faire son chemin. Mais ce n’est qu’en 1996 que l’expression se popularise avec la mise sur le marché de trois imprimantes qui feront date. Chacune employant son propre procédé :

  • la Genisys de Stratasys (FDM) ;
  • l’Actua 2100 de 3D Systems (stéréolithographie) ;
  • la Z402 de Z Corporation (3DP).

2007-2016 : De la recherche à l’imprimante personnelle

Il faudra attendre le milieu des années 2000 pour voir évoluer doucement les projets d’impression 3D pour le grand public. En 2005, Adrian Bowyer de l’université de Bath (Royaume-Uni ) crée le fameux projet open source RepRap (Replicating Rapid Prototyper) qui vise à fabriquer une imprimante 3D autoréplicante (capable de reproduire ses propres pièces). Proche de la technologie FDM, la première RepRap Darwin sort en 2007 sous licence libre GNU-GPL . Cette avancée est fondamentale pour le développement d’imprimante 3D grand public. De nombreux ingénieurs, bidouilleurs, hackers et amateurs passionnés s’en emparent pour l’améliorer ou créer des forks (projets dérivés). Aujourd’hui, grâce à la RepRap, plusieurs imprimantes, sociétés et communautés ont vu le jour permettant de rendre ces machines de plus en plus accessibles.

Repères chronologiques

1984 : premiers brevets déposés en France (Le Méhauté, de Wiitte et André) et aux USA (Chuck Hull) de technologies de fabrication additive par photopolymérisation (stéréolithographie).

1986 : création par Chuck Hull de 3D Systems.

1988-1989 : SLA-250, première imprimante 3D commercialisée pour l’industrie par 3D Systems. La même année, Scott et Lisa Crump et leur société Stratasys travaillent au procédé FDM (Fused Deposition Modeling) mis au point en 1989 et tombé dans le domaine public en 2009.

1993 : création au MIT du procédé 3DP (Three Dimensional Printing)

1995 : la jeune société Z Corporation obtient du MIT la licence exclusive de la technologie 3DP.

1996 : commercialisation de trois modèles de référence d’imprimantes 3D par les ténors du marché : la Genisys (Stratasys), l’Actua 2100 (3D Systems) et la Z402 (Z Corporation).

2005 : démarrage du projet d’imprimante autoréplicante RepRap en Angleterre par Adrian Bowyer

2007 : la première RepRap Darwin voit le jour sous licence libre GNU-GPL. Elle ouvre la voie aux imprimantes personnelles.

2007 : création des premiers services d’impression 3D en ligne avec Shapeways aux Pays-Bas

2009 : création de la société Makerbot, leader des imprimantes 3D personnelles

2012 : Stratasys et Objet fusionnent

2012 : Z Corporation est rachetée par 3D Systems

2013 : Stratasys rachète Makerbot

L’histoire ne fait que commencer…

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