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Un jardin à l’@nnexe #3 – bons baisers de la gare de Lyon

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Cher Loïc,

Je t’écris de l’@nnexe, l’espace numérique du Relais 59, proche de la gare de Lyon, où les goyaviers que tu nous as donnés mi-décembre ont élu domicile. Nos trois petits protégés, Zé, João et Maria (oui, c’est comme ça qu’ils ont été baptisés), après trois mois de pension chez nous se portent bien. On peut même dire qu’ils profitent. Avec la lumière de la place Henri Frenay, ils mettent plein de nouvelles feuilles d’un vert si tendre qu’elles semblent vouloir annoncer le printemps. Printemps, été, automne, hiver, dans notre salle Linux, c’est un peu comme à l’équateur, il n’y a pas vraiment de saisons. La température ne varie pas trop chez nous et les trois compères, malgré un petit stress de rempotage, ont réussi à s’acclimater à notre latitude. Même s’ils ne parlent pas beaucoup, Zé, João et Maria s’entendent plutôt bien avec les stagiaires. Ils font désormais partie des meubles en quelque sorte. C’est normal pour des plantes, non ? Au fond, c’est ce qu’on leur demande. De faire les pots de fleur.

Bon, c’est pas tout ça, mais je dois m’occuper de mes pioux-pioux, moi. Ils ont soif et me réclament.

J’espère quand même que tu passeras leur dire un petit bonjour à nos trois petits feijoas. Je sais que ça leur fera plaisir. Tu verras comme ils ont grandi. Ils sont beaux comme des dieux et, comme dit le proverbe, là-bas, sous les tropiques : Dieu est brésilien !

Allez, bon baisers de la gare de Lyon.

Passe quand tu veux

Amitiés

Yann

Joao et Maria, goyaviers du Brésil

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Le Jardincroyable : jardins collectifs à Paris 12e

Vous aimez les jardins ? Ça tombe bien, nous aussi ! Et si on en créait un chez nous, dans notre quartier de la gare de Lyon ? Et si, sur la place Henri Frenay dont tout le monde se plaint (riverains, habitants, gens de passage…), on végétalisait des espaces pour la rendre plus agréable, plus humaine, plus conviviale ? Moins d’odeurs de pipi, moins de dégradations, moins de déchets en tous genres laissés çà et là et moins d’incivilités ? Et si ce n’était pas une fatalité et l’affaire de tous ? Et s’il existait des solutions pour agir ensemble : habitants, associations, entreprises, pouvoirs publics ?

Nous, on y croit et on propose pour cela le Jardincroyable !

Le point de départ :
un environnement fortement dégradé

Déchets place Henri Frenay Paris 12e

Les arcades de la place Henri Frenay sont souvent peuplés de locataires inattendus

La volonté de créer un jardin collectif urbain part d’une réaction toute simple face à l’état déplorable de notre environnement immédiat : les arcades de la place Henri Frenay où notre second local est implanté.

Les incivilités y sont quotidiennes : alcoolisation, consommation de stupéfiants, épanchement d’urine sur la voie publique, tapage, jets de déchets divers, jeux d’argent, etc.

Déchets place Henri Frenay Paris 12e

Heureusement, nos vitrines sont bien gardées

Déchets place Henri Frenay Paris 12e

Sous les arcades, toujours une place à prendre

Depuis que nous louons notre deuxième local au 8 place Henri Frenay (automne 2008), nous vivons quotidiennement ces tristes scènes au pied de notre vitrine. Cet environnement fortement dégradé qui entretient un climat d’insécurité génère de multiples nuisances. Cela a des effets immédiats sur nos activités de formation et sur l’accueil de nos usagers qui craignent souvent la fréquentation de nos vitrines.

Malheureusement, ces événements sur la place Henri Frenay sont bien connus des habitants et des riverains de la place, des autorités territoriales, des bailleurs, des associations, des commerçants… et le nettoyage deux fois par jour ne suffit pas.

La philosophie et les objectifs du projet

Le projet de jardin collectif que nous entendons porter ce veut être une des réponses possibles pour améliorer et embellir ce cadre de vie.
Il ne nécessite pas de gros moyens matériels et repose sur une mise en place progressive d’un pouvoir d’agir des habitants, en lien avec les autorités locales et les bailleurs.
La valeur ajoutée sociale et environnementale qu’un jardin collectif est en capacité d’apporter n’est plus à démontrer à ce jour. De nombreuses expériences ont été menées depuis des années et beaucoup sont en cours. Les résultats obtenus sur l’amélioration de l’espace urbain et des relations sociales qui l’anime sont probants.
L’objectif de ce projet est de créer/consolider, grâce au végétal et à la joie qu’il procure, des liens entre les usagers du Relais 59, les habitants du quartier de la gare de Lyon et, plus largement, du 12e arrondissement, quel que soit leur âge et leur condition.

Nous entendons pour cela créer deux types de jardin collectif :

Un jardin d’intérieur dans notre grande salle avec vitrine (phase 1) qui aura valeur de test et d’exemple. Le but est de donner envie à nos usagers et aux habitants du quartier de créer un jardin collectif d’extérieur.

Un jardin d’extérieur (phase 2) :

Les principaux objectifs visés et les valeurs que le projet souhaite défendre sont les suivants :

  • Amélioration, embellissement et repoétisation de nos espaces urbains,
  • Reprise en main de notre pouvoir d’agir (empowerment) par le pouvoir des plantes,
  • Construction et entretien d’un bien commun,
  • Convivialité, entraide, échanges intergénérationnels,
  • Découverte du végétal, émerveillement devant le vivant,
  • Défense du végétal et du vivant qui ne doivent pas être des biens meubles,
  • Éducation populaire et pédagogie par l’exemple,
  • Partage des expériences, des connaissances, des plaisirs et des émotions,
  • Réemploi, recyclage des matières premières.

Qu’il s’agisse du jardin d’intérieur (phase 1 – année 2013) ou du jardin d’extérieur (phase 2 – année 2014), nous concevons ces espaces comme des laboratoires, des lieux d’expérimentations diverses, des espaces de pédagogie par l’exemple, d’apprentissage (ou de réapprentissage) de la citoyenneté, pour petits et grands et des pépinières de projets pour les activités du centre social.

Certaines activités auront le jardin comme point de départ. D’autres, comme point d’arrivée.
Le jardin est un support précieux pour apporter ou soutenir des projets en phase avec les axes du projet social du Relais 59, pour générer de la vie dans notre quartier et notre association (liste non exhaustive) :

Des activités multimédia (cours, ateliers, rencontres…)

  • L’écriture de recettes avec les aromatiques du jardin : traitement de texte niveau 1
  • La recherches sur le Web sur des sujets liés au jardin (variétés de plantes et fleurs, modes de culture, lombricompostage…) : surfer sur le Web niveau 1 et 2
  • L’inventaire et la gestion des espèces plantées : tableur niveau 1
  • La création d’un herbier numérique : traitement de texte niveau 1 et 2, création de site Web
  • La présentation du jardin sous forme de diaporama : Impress et Powerpoint
  • La photographie des plantes : ateliers gestion et retouche des images, traitement de texte niveau 2, création de site Web

Des activités de jardinage

  • Des ateliers de jardinage tous publics : adultes, enfants, ados
  • Des visites régulières d’entretien du jardin et du lombricompost
  • Fleurissements et plantations en pied d’arbre dans le quartier de la gare de Lyon

Des activités de fabrication/construction

  • Des ateliers de construction et de bricolages : construction des tables de culture, construction de murs végétaux, construction de petit mobilier, fabrication d’objets décoratifs pour le jardin, décoration de pots et bacs…
  • Des ateliers de fabrication de germoirs
  • Des ateliers de fabrication de lombricomposteur
  • Des ateliers de fabrication d’ordinateur à partir d’ordinateurs usagés : projet Jerry en juin et en juillet. L’ordinateur ainsi créé permettra d’offrir un réseau local accessible en wi-fi où nous pourrons archiver la mémoire numérique du jardin : photos, sons, paroles d’usagers et d’habitants sous la forme d’un herbier numérique…
  • Des ateliers d’écologie pratique pour cuisiner sainement, réduire/valoriser ses déchets, fabriquer ses produits d’entretien et petits cosmétiques, ses petits jouets et objets du quotidien dans le but d’améliorer sa santé, sa condition financière et réduire son empreinte écologique.

Des activités pour le périscolaire et le centre de loisirs

  • Cinéma d’animation avec les enfants et ados
  • Ateliers de jardinage
  • Ateliers d’écologie pratique

Des rencontres et petits événements

Nous organiserons des rencontres sur des sujets divers liés au jardin(age), aux plantes et au végétal, aux questions environnementales et à l’agriculture urbaine, aux problèmes environnementaux générés par les TIC. Nous pourrons également participer à un café Jardin organisé par la Main Verte, dans le 12e arrondissement au parc de Bercy
Nous proposerons des bourses d’échanges de graines : en interne (entre usagers du centre et habitants du quartier) et en externe avec les jardins partagés partenaires (l’Aligresse, le jardin partagé Trousseau, La Rue Verte du centre d’animation Ravel).
Et bien sûr, d’autres activités que les participants (salariés, usagers et partenaires) ne manqueront pas de faire avec le temps.

Des activités que vous proposez

Si vous êtes habitant(e) du quartier de la gare de Lyon et de la place Henri Frenay,

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Un jardin à l’@nnexe #2 – De quoi en faire des caisses

On est parti très tôt ce matin. A deux voitures. Direction la banlieue, pour récupérer ce qui va prochainement devenir l’ossature de notre jardin. Le temps était pourri. Pas vraiment une surprise… Heureusement, j’avais deux valeurs sûres avec moi. Ahmed, qui avait mis gentiment à disposition son Renault Espace familial rallongé et Giacomo sa Peugeot 307.

Grands bordeaux prochains sièges du végétal

Grands bordeaux prochains sièges du végétal

L’entrepôt est d’une belle taille. Moderne. Silencieusement moderne. Les ouvriers ne se parlent pas. Ils se calculent. Ils se croisent. Ils sont concentrés, mais nous accueillent correctement et leur disponibilité à nous guider vers le trésor est appréciable.

Leurs karts qui s’affairent dans tous les sens. Chaque cariste a sa feuille de route. Un casque sur les oreilles : c’est la commande vocale qui leur dit quel colis prendre et où le déposer. Ils ne savent pas exactement ce qu’ils transportent. Cela n’a pas d’importance. Ils sont leur propre patron. Voice picking que ça s’appelle. La voix qui ne vous lâche plus.

Nous nous frayons un chemin dans cet océan de rouges, blancs, rosés… cépages de toutes sortes. Le sang de la terre et là, le sang des hommes, sur leur kart et la voix qui ne les lâchent plus.

Plusieurs chariots nous attendent. Ils portent un drôle de nom que j’ai oublié. Ce sont les mêmes qu’à La Poste.

Le Renault Espace de Ahmed rempli jusqu'à la gueule

Le Renault Espace de Ahmed rempli jusqu’à la gueule

Au total, ce ne sont pas moins de 72 caisses de 12 bouteilles des meilleurs bordeaux. Ah, si seulement on avait pu les boire ! 72 x 12, ça fait 864. A raison d’une par jour, il nous aurait fallu presque deux ans et demi pour toutes les écluser. Joie du palais, plaisir des papilles. Imaginez le velours de notre estomac. Pas moins de 648 litres de bon pinard… même pas en rêve.

Après rapatriement sans encombres, déchargement dans la salle principale. On les pose où on peut. 72 caisses de 50cm de large ça prend un peu de place et de volume. Mises bout à bout on arrive à 36 mètres ! Notre linéaire de vitrine où nous jardinerons est plus modeste, mais néanmoins confortable pour aménager quelques espaces où une nature, recréée, aura ses droits. Le jeu ressemble à un Lego grandeur nature. Peintes dans différentes couleurs, les caisses formeront une mosaïque de pixels. L’informatique pénètre le végétal. Le végétal pénétrera l’informatique. Il le contaminera. Le dévoiera. Je vous le promets. Pour l’instant le pin des boîtes envahit la salle Linux et les stagiaires d’Élise s’acharnent sur le tableur.

Le Lego bordelais

Le Lego bordelais

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Un jardin à l’@nnexe #1 – Zé, João et Maria

Un petit air de samba

La goyave, vous connaissez ? Mais oui, ce fruit exotique vert en dehors et rose à l’intérieur, en forme de poire, avec des graines très dures presque pierreuses qui croquent sous la dent. On en fait de succulents jus de fruit. Les Brésiliens l’adorent, particulièrement les habitants du Minas Gerais où la goyave est très présente. Ils en font (entre autres) une pâte, la goiabada. La meilleure est d’ailleurs celle qu’ils font avec la peau du fruit. Ils l’appellent la goiabada cascão (casca = peau en portugais). Elle est d’une couleur plus sombre et son goût, plus puissant est inimitable. Vous la trouvez dans de nombreux marchés, surtout dans le Minas vous la mangez au petit déjeuner avec du fromage — com muito queijo (« avec beaucoup de fromage ») comme le dit la célèbre chanson de João Bosco.

Un si joli trio de feijoas

Si je vous parle de tout ça, c’est parce que nous avons, depuis peu, trois nouveaux protégés à l’@nnexe. Ils se prénomment , João et Maria. Ce sont tous les trois des bébés feijoa, l’autre nom du goyavier, l’arbuste qui porte les fruits.

Feijoa

Fleur de goyavier du Brésil (feijoa) – Photo Wikipedia

Nous venons de les adopter. C’est Loïc Le Noan, l’un des responsables du centre d’animation Maurice Ravel, chargé des projets environnement et développement durable, qui nous les a gentiment confiés. Loïc en avait plusieurs dizaines dans le très bel espace qu’il a aménagé en jardin naturel, ouvert à la biodiversité et aux techniques culturales douces.
Tous ces arbrisseaux, engoncés dans leur petite motte empaquetés dans une cellophane avaient été achetés pour agrémenter un raout d’élus. Pour faire les pots de fleur, quoi. Eh oui, le végétal, c’est bien connu, est un bien meuble et la suite logique de l’histoire aurait voulu qu’ils finissent dans une benne, comme nombre de leurs congénères.
Heureusement, depuis quelques années, des réseaux de récupération informels se constituent et il est fréquent que, par l’intermédiaire des jardins partagés franciliens — et notamment par l’association Graine de Jardin qui est, en quelque sorte leur tête de réseau —, des opportunités de « sauvetage » se présentent. « L’opération goyaviers » est de celles-là et c’est grâce aux soins de Loïc que nous avons pu accueillir nos bébés goyaviers.

Cette variété d’arbuste de la famille des Myrtacées, pourtant présente dans des zones du globe plutôt chaudes, semble bien s’accommoder du climat de nos latitudes. Il est même, paraît-il assez rustique et résisterait au gel.

Comment passeront-ils l’hiver ?

La grande question que Loïc se posait en me confiant ces goyaviers c’est « réussiront-ils à vivre en pot ». C’est en effet le défi que nous nous sommes lancé. Combien, avant nous, auront fait cette expérience ? Mystère. Si nous les aimons et si nous les traitons avec soin, nos trois futures mascottes du jardin auront peut-être quelques chances de croître et de nous régaler de leurs feuilles vernissés.

Mais la question de leur survie en appelle d’autres : « aurons-nous le privilège de les voir fleurir ? », « avons-nous des sujets mâles et des sujets femelles en vue d’une fécondation ? ». Difficile à dire. Nous aurons l’occasion de vous donner de leur nouvelles, quand ils auront passé un cap que nous jugerons décisif.

Pour l’instant, nous les avons mis dans des pots moyens avec un mélange de terre végétale, terreau et sable et ils ont l’air de bien se porter.

Ils sont placés à un endroit ni trop chaud ni trop froid, dans le lieu le plus lumineux de notre espace. Sur les conseils de Loïc, nous veillons à ce qu’ils ne se dessèchent pas.

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