TIC de langage : la langue des TIC expliquée en français facile aux analphanets et aux technophobes

SOMMAIRE

Il y a cinq ans, j’ai rédigé le projet TIC de langage que j’avais soumis à la Fondation Free qui ne souhaitait pas le financer. Stimulé par notre expérience collective de webradio depuis octobre 2016, à travers l’émission « Sous l’arbre à palabres », l’envie me prends de l’exhumer et de le partager avec toutes celles et tous ceux qui souhaiteront s’y joindre.

La langue des TIC est, pour nos concitoyens les plus fragiles, une langue inaccessible, car mâtinée de mots anglo-américains, de franglais et de notions éloignées de leur culture et de leur environnement social et professionnel. Cette langue de spécialité, fondamentale pour comprendre les connaissances de base en informatique et Internet, est le premier obstacle à franchir pour sortir de la fracture numérique.

Le projet en bref

Pour les personnes éloignées du numérique la barrière langagière s’ajoute à la barrière technologique. Ces deux freins sont clairement imbriqués.

Le projet collaboratif TIC de langage entend lutter contre l’illectronisme en rendant accessible la langue des TIC grâce à un apprentissage audio-oral s’appuyant sur des podasts diffusés :

  • sur une plateforme d’échanges et de téléchargements dédiée ;
  • sur les sites web des espaces publics numériques (EPN) ;
  • sur des bornes d’écoute publique à écran tactile ;
  • sur les smartphones et tablettes numériques des primo-utilisateurs grâce aux lecteurs de podcasts.

Pourquoi un apprentissage sonore ? Parce que le son est le support le plus facile d’accès, nous semble-t-il. Nous entendons nous inspirer des initiatives menées dans le cadre des radios rurales mises en place en Afrique subsaharienne notamment par des institutions internationales telles que l’UNESCO, la FAO et les programmes qui en découlent (PNUD, UNICEF, etc.).

Les publics bénéficiaires

TIC de langage s’adresse à deux publics (usagers finaux et professionnels) :

  • les personnes touchées par la fracture numérique : personnes peu ou pas qualifiées, chômeurs et chômeurs de longue durée, personnes d’origine étrangère n’ayant pas une connaissance suffisante du français écrit, personnes âgées, personnes frappées d’illettrisme, personnes atteintes de handicaps psychiques légers ;
  • les médiateurs et médiatrices numériques des EPN et de tous les espaces de médiation numérique francophones ;
  • les formateurs et formatrices de FLE et des ASL (ateliers sociolonguistiques) ;
  • les professionnels de la lutte contre l’illettrisme.

Langue des TIC et apprentissage du numérique : état des lieux

La langue est un univers oral, écrit et culturel qui rassemble et qui exclut. Qui rassemble les membres d’une même communauté linguistique et qui, nécessairement, exclut les locuteurs d’autres langues. Le rappeler est une évidence.

Que dire alors de ce que les linguistes appellent « sociolectes » – que l’on nomme plus communément « jargons » -, ces langues dans la langue qui naissent, se transforment (et meurent aussi) dans un contexte social, économique et géographique particuliers et où l’âge, le sexe, le niveau d’instruction, entre autres, sont des composantes essentielles ?

Les codes écrits, oraux et toutes les références culturelles qui s’y rapportent sont autant de signes de ralliements autant de marques d’appartenances pour la communauté qui les emploie. Autant de facteurs d’exclusion donc pour celles et ceux qui les ignorent.

Parler le numérique n’est pas donné à tout le monde

L’économie de l’informatique et du numérique produit, ces dernières années, un flux incessant de mots, d’expressions et de références, souvent issus de l’anglo-américain. Cette novlangue qui se construit à la vitesse de l’Internet pénètre au quotidien les médias (papier et électroniques), nombre de milieux professionnels et de groupes sociaux.

Certains de nos concitoyens, pour la plupart issus de catégories socioprofessionnelles favorisées (CSP +) ont un accès aisé aux nouvelles technologies, car ils possèdent déjà tous les outils, la grammaire et les mots pour comprendre et parler « le numérique » couramment.

D’autres, en revanche, n’y pigent que couic ! Demandez-leur de zipper un podcast pour l’uploader sur un cloud et ils perdront rapidement le fil RSS de la conversation. Ces autres ? Ce sont justement eux qui nous intéressent. Les analphanets, les sans grades du numérique. Celles et ceux pour qui la langue geek ressemble étrangement à du chinois. Ces autres pour lesquels, nous, Espaces Publics Numériques (EPN) et lieux de médiation numérique, œuvrons au quotidien en proposant des cours, des ateliers et des rencontres, destinés à acquérir les connaissances et les compétences de base en informatique.

Décrypter la culture et la langue du numérique pour lutter contre les inégalités

Face à ce que nos dirigeants ont nommé « fracture numérique » (digital divide en anglais), des structures associatives et municipales sont engagées, depuis une dizaine d’années, dans un mouvement d’éducation populaire tourné vers l’apprentissage du numérique. Le but étant de lutter pour un accès égal des citoyens aux ressources et aux contenus numériques. Ces mêmes ressources qui attestent de l’entrée de nos économies, désormais globalisées, dans des sociétés de l’information.

Notre expérience nous montre, dans chacun de nos enseignements, que le visage de la fracture numérique est complexe, tant il est composite. Ladite fracture est traversée par d’autres inégalités plus anciennes comme la fracture sociale, la fracture générationnelle et, dans des cas plus particuliers, ce que nous nommons « la fracture personnelle ». On aurait tort en effet de résumer la fracture numérique au simple fait de l’âge. Les seniors, certes bien représentés, ne sont pas, loin s’en faut, les seuls touchés par ce handicap.

La langue de spécialité, premier frein à l’apprentissage de l’informatique

Le tout premier frein que nous rencontrons dans l’apprentissage de l’informatique et du numérique est celui de la langue que ces nouveaux champs d’activité véhiculent. Les mots et les expressions qui se forgent depuis plusieurs décennies dans ces domaines sont largement ignorés ou méconnus d’une bonne partie du grand public.

Acquérir de nouvelles compétences en informatique passe obligatoirement par la maîtrise d’une langue de spécialité. Savoir mettre des mots justes sur ses actions, savoir décrire correctement ce qui se présente à l’écran est un travail de longue haleine pour les publics que nous formons.

Leur difficulté à mémoriser cette langue étrangère tient en partie au fait qu’ils n’ont pas (ou n’ont plus) l’habitude d’apprendre. Nombre de nos stagiaires sont des personnes de condition modeste peu ou pas diplômés. Une bonne proportion est d’origine étrangère et ne maîtrise pas le français écrit. Pour les plus instruits, l’ignorance de la langue informatique est un problème majoritairement générationnel. Cette dernière catégorie d’apprenants n’a pas eu, du fait de son âge et de sa vie personnelle et professionnelle, l’occasion d’utiliser un ordinateur ou des outils numériques.

Pour pallier ces difficultés à mémoriser et maîtriser la langue des TIC, nous travaillons, dans nos pratiques, à l’élaboration d’outils capables de transmettre au mieux les notions essentielles (supports de cours, schémas, fiches explicatives…). Nous sommes constamment amenés à définir les mots qui soutiennent l’architecture des connaissances que nous enseignons pour l’acquisition des bases de l’informatique et de la culture numérique.

Transmettre au mieux signifie pour nous être en mesure de faire acte de vulgarisation et de décryptage de concepts parfois difficiles à appréhender. Comprendre ces mots et les idées qu’ils portent est, de la part de n’importe quel citoyen, un acte d’éducation fondamental pour comprendre les enjeux de la nouvelle ère dans laquelle l’Humanité est entrée ces trente dernières années.

Objectif du projet

Un glossaire audio pour apprendre et mémoriser les mots fondamentaux

En gardant à l’esprit « Le français fondamental » (une liste des mots les plus usuels) défini par Georges Gougenheim et son équipe dans les années 50, en vue de l’enseignement du français aux étrangers, nous souhaitons établir un glossaire des mots les plus utiles pour accéder aux connaissances fondamentales en informatique et Internet.

Il faut pour cela établir un corpus de mots essentiels que nous extrairons des différents enseignements proposés dans les espaces de médiation numérique.

Une fois le corpus établi, nous produirons des définitions sonores, rédigées dans une langue simple et compréhensible par un grand nombre de personnes. Nous les voulons non jargonnantes. Tous les mots anglais seront systématiquement explicités et rapprochés des mots français équivalents, lorsqu’ils existent.

Ces courtes chroniques sonores seront accompagnées de leur transcription écrite, permettant un accès aux personnes sourdes et malentendantes. Les images viendront étayer nos propos, chaque fois que cela est possible.

Notre intention n’est pas de produire un énième glossaire des mots de l’Internet et des TIC, mais de donner une boîte à outil sonore et visuelle à toutes celles et ceux que l’informatique et sa langue de spécialité effraie ou rebute.

Les besoins

Les besoins matériels sont assez basiques pour commencer. Les postes les plus critiques seront l’hébergement et le développement Web.

Tout peut commencer a minima sur un hébergement mutualisé bon marché et avec un CMS courant.

Lorsque le projet prendra de l’ampleur, il sera bon de penser à des solutions plus robustes et spécifiquement adaptées au projet. Tout dépendra des fonds que nous réussirons à lever. À bons financeurs, salut !

Dans un second temps, nous aurons besoin de :

  • 1 espace d’hébergement dédié, capable de traiter un grand nombre de connexions simultanées et doté d’une grosse capacité de stockage ;
  • 1 nom de domaine ;
  • 1 solution logiciel libre permettant la création d’un réseau social construit autour du partage de fichiers son.

Pour le reste, chaque contributeur s’équipera, selon ses moyens, d’un matériel d’enregistrement pour produire ses définitions sonores : dictaphone, smartphone ou enregistreur numérique (pour plus d’infos sur le matériel son, lire cet article).

Un travail collaboratif

La constitution d’un tel glossaire est uniquement envisageable, nous semble-t-il, dans une perspective collaborative. Nous solliciterons l‘intelligence collective et proposerons, à travers le réseau des espaces de médiation numérique francophones, une écriture participative des définitions. Nous impliquerons ainsi les animateurs (salariés et bénévoles) et les responsables de ces espaces. Cela leur permettra de valoriser leurs connaissances et leur expérience dans la lutte contre la fracture numérique.

Il est à nos yeux intéressant que le travail puisse s’enrichir au fil du temps tant du point de vue quantitatif (le nombre de définitions proposées, selon le corpus défini) que qualitatif (les variantes proposées pour un même terme, en vue de créer une « définition idéale »).

Comment aider

Ce projet permet, à tout un chacun, de participer selon son temps, sa sensibilité, ses compétences et ses moyens.

Les contributions peuvent se faire sur quatre niveaux, pris séparément ou globalement :

  • le développement de la plateforme ;
  • l’élaboration de la nomenclature ;
  • l’écriture des définitions orales ;
  • l’enregistrement des définitions.

Développer la plateforme

Le projet n’est bien évidemment pas réservé aux producteurs de contenus. Les développeurs Web y auront une large place pour bâtir une plateforme à même de :

  • générer une nomenclature évolutive et participative ;
  • créer un compte et un espace pour chaque contributeur permettant d’uploader des fichiers son ;
  • noter les contributions et rapprocher les définitions de mêmes mots ;
  • faire des recherches par ordre alphabétique, catégories et mots-clés ;

Participer à l’élaboration de la nomenclature

Vous pouvez co-construire la liste des mots fondamentaux des TIC (nomenclature) en proposant des mots que vous jugez incontournables pour comprendre la culture numérique et informatique en général. Ces mots peuvent être en français, en anglais et en franglais.

Chaque fois que c’est possible, nous souhaitons privilégier les mots français en faisant des renvois au(x) mot(s) anglais correspondant(s), lorsque ceux-ci sont aussi usités par certains locuteurs francophones appartenant, par exemple, à des groupes sociaux précis : jeunes, professionnels du numérique, etc.

La notion de fréquence, toujours délicate à mesurer, sera prise en compte. Pour des mots comportant plusieurs synonymes, il sera important de s’appuyer sur un terme pivot, possiblement le plus fréquemment usité. Prenons par exemple le mot logiciel qui peut aussi apparaître sous les formes : « programme », « application », appli », « app », « software », « soft », selon le contexte (l’époque, le milieu professionnel, le matériel) et notamment l’âge des locuteurs.

Écrire les définitions orales

Si vous avez une facilité pour l’écriture, vous pouvez rédiger des définitions. Les définitions orales doivent répondre à quatre critères principaux :

  1. Elles ne doivent pas excéder 1500 signes environ (espaces compris)
  2. Elles doivent être rédigées en français facile : avec des mots et des idées simples, sans jargon
  3. Elles doivent avoir une vraie valeur pédagogique (le rédacteur doit faire preuve de vulgarisation)
  4. Les mots anglais et franglais doivent être explicités

Prêter sa voix pour les enregistrements

Si vous vous sentez plus l’âme d’un conteur, vous pouvez lire vos propres définitions ou choisir de lire celles des autres. Vous devrez pour cela :

  • avoir une bonne élocution et bien articuler ;
  • adopter un débit moyen ;
  • soigner les intonations pour captiver votre auditorat.

Faites le buzz !

L’aventure vous tente ? N’attendez pas :

Commençons par un premier jet qui nous permettra de mettre nos enregistrements en téléchargement et nous pourrons, par la suite, structurer une plateforme voire une appli mobile ad hoc.

Donnons de la voix pour lutter contre l’illectronisme : tou(te)s à vos claviers et à vos micros !

Merci de votre aide.

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Classé dans Chantiers collaboratifs

Fête du Relais 59, 1er juillet : opération caisses à savon !

Le samedi 1er juillet 2017, notre association, le Relais 59, organise sa fête de quartier. Pour la première fois, elle se tiendra sur la place Henri Frenay, là où nous avons notre espace numérique que vous connaissez.

Fabriquer ensemble des caisses à savon

Cette année, en plus des animations et réjouissances habituelles (repas et goûters partagés, jeux de société géants, concerts…), nous organisons un défilé et une course de caisses à savon avec les familles du quartier.

Les caisses à savon sont des petites voitures sans moteur, fabriquées avec des matériaux et des objets de récupération, généralement pilotées par un enfant/ado et propulsées par un ou plusieurs pousseurs en guise de moteur.

Une image valant 1000 mots, voici à quoi cela peut ressembler :

Caisse à savon engagée dans le championnat annuel des Buttes Chaumont (Paris 19e) – Photo Tat à l’OEIL, tous droits réservés

Ateliers fabrication les samedis après-midi

Les ateliers de fabrication sont ouverts aux familles les samedis de 14h à 17h30 dans notre local provisoire du 2, place Rutebeuf situé derrière la place Frenay (face à la partie arrière de la chapelle).

Venez en famille, parents et enfants, apportez vos outils et des matériaux de récupération et construisez votre caisse à savon qui sera engagée dans la course et le GRAND CONCOURS. De nombreux lot sont à la clé !

NB : les enfants mineurs doivent OBLIGATOIREMENT ÊTRE ACCOMPAGNÉS D’UN PARENT RESPONSABLE

Matériaux et matériel nécessaires

Pour la fabrication, nous avons besoin d’outils et de matériaux. Apportez ce que vous avez et faites de la récup’ autour de vous : la rue regorge de trésors !!

Vous pourrez ensuite les apporter au local de la rue Rutebeuf les samedis après-midi.
En nous prévenant à l’avance, vous pouvez aussi passer au siège du 1 rue Hector Malot ou à l’espace numérique.

Matériaux

Nous avons besoin, en priorité des matériaux suivants :

  • Planches de toutes longueurs et largeurs
  • Tasseaux (sections carrées et rectangulaires)
  • Bois divers. NB : pour des raisons de sécurité, pas de dérivés de bois (agglo ou médium/MDF) !
  • Petites roues : chariots, caddies, petits vélos d’enfants
  • Grosses roulettes
  • Longues tiges métalliques (filetée ou non) pour les axes de roues
  • Boulons et écrous
  • Rondelles
  • Grosses et moyennes vis
  • Dossiers de chaises inutilisables
  • Cartons rigides pour la protection du sol

Outils et matériel

Pour nos ateliers, nous avons un trousseau d’outils à notre disposition, mais si vous avez les vôtres, ce sera toujours mieux de les apporter pour être plus à l’aise. En priorité :

  • Gants de protection
  • Lunettes de protection
  • Tourne-vis (plats et cruciformes)
  • Scies à bois et à métaux
  • Marteaux et massettes
  • Perceuses (à main et électriques)
  • Vrilles
  • Marteaux
  • Jeux de clés pour le serrage : clés plates, à pipe, à molette…

Pensez à prendre une vieille tenue pour bricoler.

Lancez-vous !

Pour vous adonner aux plaisirs de la fabrication de caisses à savon (push-cars en anglais), voici une petite sélection de vidéos qui vous inspireront vos créations. L’essentiel est de construire des châssis fonctionnels qui donneront une bonne assise et un roulement optimal.

Modèles simples

Le plus simple de tous, reposant sur 3 planches et 4 roulettes :

Une variante avec des sections plus épaisses et de vraies roues

Modèles intermédiaires

Des modèles pour rêver !

Le modèle que nous présentons ci-dessous sera pour les années suivantes, lorsque nous aurons déjà bien éprouvé les caisses à savon les plus frugales. Il s’agit ici de saop boxes (littéralement « caisses à savon ») engagées dans des concours internationaux. Ce pas-à-pas nous dévoile les secrets d’un châssis. Dans ce cas précis, rien n’est laissé au hasard et hors de question d’utiliser de la récup’ !

Une version électrifiée pour les plus flemmards :

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Classé dans La vie de l'EPN

Un mot de passe sinon… rien !

Les médiateurs numériques devront-ils bientôt adopter le myosotis comme gri-gri ?

Si vous êtes le « Pierre Richard du numérique« , les mots de passe ne sont sûrement pas vos amis ! Heureusement, les médiateurs numériques sont là. Pour le meilleur et pour le p(r)ire.

Quel est le médiateur ou la médiatrice numérique qui n’a pas rencontré, dans son activité d’accompagnement, quelques « petites déconvenues » avec les mots de passe ? Aucun(e) ! Mémoriser une suite de caractères, surtout si elle est un tant soit peu complexe, est un véritable défi qui tourne souvent en cauchemar pour les publics fragiles que nous formons (seniors, chômeurs de longue durée non qualifiés, personnes handicapées…). Or, aujourd’hui, le mot de passe – et son acolyte l’identifiant – est un des trousseaux de clés de nos multiples « serrures du quotidien ». Ne pas avoir de trousseau ou le perdre régulièrement rend la vie de ces personnes encore plus instable, les place dans une situation de dépendance jusqu’à signer parfois une petite mort sociale.

Faut-il en pleurer ou en rire ? Ça dépend des jours. En tout cas, notre médiateur bénévole Alexis, impliqué dans notre Espace Public Numérique auprès des seniors fréquentant le « club tablettes« , lui, préfère prendre ça sur le ton de l’humour pour mieux faire passer la pilule. Il m’a envoyé aujourd’hui cet échange familier entre Nestor et Windows 10 que vous avez peut-être déjà vu passer. Avant que ne passe la cybercolombe pascale et pour conjurer ce que j’appelle le « syndrome du Capitaine Haddock« , voici de quoi soulager les nerfs de nos chers confrères et consœurs dans leur via crucis quotidienne.

Un grand coup de chapeau à tous les médiateurs-trices bénévoles et salariés pour leur patience d’ange. Joyeuses Pâques !

Windows 10 : Introduisez votre mot de passe.

Nestor : Chou

Windows 10 : Désolé, le mot de passe doit contenir au moins 10 caractères.

Nestor : chou-fleur

Windows 10 : Désolé, le mot de passe doit contenir au moins 1 chiffre.

Nestor : 1 chou-fleur

Windows 10 : Désolé, le mot de passe ne peut pas comporter d’espace.

Nestor : 50foutuschoux-fleurs

Windows 10 : Désolé, le mot de passe doit comporter au moins 1 majuscule

Nestor : 50FOUTUSchoux-fleurs

Windows 10 : Désolé, le mot de passe ne peut pas contenir de majuscules successives

Nestor : 50FouTusChoux-fleursdemerde!

Windows 10 : Désolé, le mot de passe ne peut pas contenir de signe de ponctuation.

Nestor : 50FoutusChoux-Fleurs-de-merde-que-tu-peux-te-foutre-où-je-pense-si-c’est-pas-bon

Windows 10 : Désolé, ce mot de passe est déjà attribué

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Classé dans Culture numérique, Le coin des bénévoles

Un Profil pour deux : de l’utilité du médiateur numérique

Aujourd’hui, sort la comédie, Un Profil pour deux, avec l’inénarrable Pierre Richard qui met en scène un senior isolé acariâtre et retors auquel sa fille envoie à domicile un jeune homme pour le déniaiser en informatique.

Au centre de cette comédie, le choc des générations, le choc des cultures. La rencontre parfois difficile entre insiders et outsiders du digital. Une situation parfaitement connue et, la plupart du temps, maîtrisée par le/la médiateur-trice numérique.

Après Moi, Daniel Blake de Ken Loach qui brossait plus en creux un portrait de fracturé numérique, Un Profil pour deux est une nouvelle ode à l’utilité impérieuse de la médiation numérique dans notre société où le digital est désormais, comme le gaz, à tous les étages.

Nos confrères et consœurs médiateurs numériques seraient fort inspirés de s’appuyer sur ces deux films parfaitement complémentaires pour expliquer la forte valeur sociale ajoutée de leur métier.

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Classé dans Actu des TIC, Culture numérique

Mais au fait : c’est quoi un médiateur numérique ? #1

Lost in mediation

Il y a quelque temps, j’ai passé environ une heure au téléphone avec une jeune journaliste qui enquêtait, pour le magazine Directions, sur le concept de médiation numérique et sur le rôle de son fidèle serviteur : le médiateur numérique.
Au fil de l’entretien, je sentais monter son agacement. J’avoue qu’en décrivant mon activité, je n’avais pas le sentiment de jargonner. Pourtant, quelque chose d’obscur demeurait, raison pour laquelle elle reposait inlassablement les mêmes questions. Elle ne cernait pas ce qui devait sans doute me sembler évident.

Cet échange m’a donc mis la puce à l’oreille et inspiré une réflexion sur ce qui pourrait définir un(e) médiateur-trice numérique. Je compte sur mes homologues pour amender cette investigation avec leurs commentaires, remarques et suggestions : la réflexion n’en sera que plus vivante.

Cet article fait écho à ce que j’avais écrit en juillet 2011 sur le profil du coordinateur EPN idéal.

Le médiateur et la médiation mis en mots et en métiers

Se demander qui l’on est ou qui l’on devrait être renvoie nécessairement au besoin de se définir avec des mots et des images. Le but étant de mieux se comprendre et de mieux faire comprendre ce que l’on fait à celles et ceux qui ignorent notre existence… et ils sont nombreux ! L’enjeu ultime serait (soyons fous !) de réussir à établir dans les esprits une relation aussi naturelle que « le boulanger fait du pain » ou « le vigneron fait du vin ». A chaque médiateur numérique de trouver les meilleurs vecteurs pour « pitcher » son travail en quelques mots simples et évocateurs.

L’occurrence « médiateur » (et ses féminins « médiatrice » ou même « médiateure ») n’est pas très fréquente dans les noms de métiers et elle apparaît récemment dans notre société (à partir des années 90). Ce sont les champs de la justice et du social qui font apparaître les premières dénominations renvoyant à l’activité de médiation comme « médiateur judiciaire » ou encore « médiateur familial ».

Aujourd’hui, on trouve, pêle-mêle, « médiateur de justice »/ »médiateur judiciaire », « médiateur civil », « médiateur social », « médiateur familial », « médiateur conjugal », « médiateur culturel », « agent de prévention et de médiation »… la liste est plus fournie, mais pas très longue en fin de compte. Pour s’en convaincre, il suffit d’interroger la liste des métiers du Répertoire opérationnel des métiers et des emplois (ROME).

Sur les 11610 appellations répertoriées (version de décembre 2016), seulement 11 métiers portent la mention de « médiateur » et 11 autres celle de « médiation ».

Cherche médiateur numérique désespérément

K comme médiation

Même si le ROME n’est pas exhaustif, cela donne déjà une idée de ce que peut recouvrir la notion de médiation. Si on veut être un tantinet plus précis, on constate que tout se joue dans la lettre K. Pour comprendre le fonctionnement du ROME, on peut rappeler qu’il est composé d’une lettre (de A à N) et de quatre chiffres. Décomposable à la manière d’une cote de bibliothèque, sa structuration s’articulant sur trois niveaux :

  • lettre = une famille de métiers (14) ;
  • lettre + 2 chiffres = domaine professionnel (110) ;
  • lettre + 4 chiffres = code ROME avec sa fiche métier (531).

Faire une recherche de fiches métiers à partir des codes ROME

Dans le ROME, la lettre K est celle qui porte le nom de « Service à la personne et à la collectivité ». Et c’est là que se cachent les médiateurs de tous poils. Descendons pas à pas l’arborescence de ce domaine :

On remarque clairement que deux domaines professionnels se partagent les métiers : l’accompagnement de la personne (K11) et le droit (K19).

Les 22 métiers de médiateur y figurent, mais jusqu’ici aucune trace de notre médiateur numérique.

Gardons pour la seconde partie de notre enquête quelques mots-clés significatifs : personne, accompagnement, service, collectivité, facilitation, vie en société.

E-G-H-I-K comme numérique

Poursuivons notre recherche en attaquant la liste par l’adjectif qui qualifie notre activité : « numérique ».
Pour ce terme, le ROME est un peu plus bavard mais pas du tout pléthorique (29 occurrences au total).

Les 5 domaines qui font référence à « numérique » en tant qu’adjectif (et jamais en tant que nom) tournent autour de :

  • la communication, les médias et le multimédia (E) : images et sons (E12), industries graphiques (E13) ;
  • l’hôtellerie-restauration, le tourisme, les loisirs et l’animation (G) : l’animation d’activités de loisirs (G12) ;
  • l’industrie (H) : l’industrie du bois (H22), la mécanique, le travail des métaux et l’outillage (H29) ;
  • l’installation et la maintenance (I) : l’installation et la maintenance électronique (I1305) ;
  • le service à la personne et à la collectivité (K) : recherche (K24), Recherche en sciences de l’univers, de la matière et du vivant (K2402)

La plupart des occurrences renvoient très majoritairement à des métiers de technicien comme, par exemple :

L’animateur mène au médiateur…

Là encore, pas de médiateur numérique à l’horizon, mais en y regardant de plus près, ce qui sort néanmoins du lot c’est un intitulé qui nous est familier, « Animateur d’espace public numérique« , rattaché au domaine de l’animation d’activités culturelles ou ludiques. La fiche métier, plutôt fourre-tout, regroupe 32 métiers de l’animation parmi lesquels 6 ont un rapport direct avec notre sujet :

  • Animateur / Animatrice d’atelier Internet
  • Animateur/Animatrice d’initiation aux -TIC-
  • Animateur conseiller/Animatrice conseillère en -TIC-
  • Animateur / Animatrice de cyberespace
  • Animateur / Animatrice d’espace multimédia
  • Animateur / Animatrice d’atelier multimédia

Même si le descriptif métier est, encore une fois, très générique – car il faut trouver un dénominateur commun pour une large typologie d’animateurs – on tient une piste sérieuse :

Définition

  • Met en place et anime des activités culturelles, techniques ou ludiques selon les besoins du public et la spécificité de la structure (centre socioculturel, séjour de vacances, maison de retraite, …).
  • Peut animer un espace multimédia.
  • Peut coordonner l’activité d’une équipe (source : Pôle Emploi – Information Marché du Travail (IMT))

L’onglet « compétences » de cette même fiche, organisé en « Compétences de base » et « Compétences spécifiques », chacune redécoupée en « Savoirs et « Savoir-faire » nous donne quelques éléments intéressants dont on se servira dans le portrait/profil que l’on tentera de brosser du médiateur numérique.

À ce stade de notre enquête, il apparaît clairement que :

  1. La médiation numérique se construit en France sur des fondations précédemment érigées par le secteur de l’animation socioculturelle. À l’exception du feu CATIC, la majorité des titres professionnels requis pour exercer l’activité d’animateur d’EPN sont des brevets ou des diplômes codifiés et encadrés par Jeunesse et Sports : BAFA, BPJEPS TIC, DEJEPS…
  2. L’animateur d’EPN est une dénomination qui vit ses derniers souffles, car il tend, dans un futur proche, à disparaître. De ce fait, Pôle Emploi et le ROME feraient bien de mettre à jour leur base et leurs fiches métiers, en les faisant correspondre avec le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP).

… en passant par le CATIC

Mais le beau pays de Descartes est avant tout celui de Rabelais et chacun, chaque ministère, chaque institution ajoute forcément son grain de sel pour que la sauce et le mystère, du même coup s’épaississent. Il suffit de pousser un peu l’investigation pour tomber sur une autre fiche métier intitulée « Animateur multimédia » produite par le Portail des Métiers de l’Internet. Et c’est là qu’apparaissent nos premières mentions de « médiateur », dans les intitulés connexes :

Médiateur Internet, Médiateur multimédia, Médiateur numérique

Ça y est, on le tient ! Ce descriptif montre à lui seul l’évolution et la transition qui s’opère autour de la notion de médiation numérique et l’acteur principal qui la porte : le médiateur et la médiatrice numérique. Mais l’affirmation reste encore modeste, car l’intitulé principal reste « animateur multimédia ». On mettra ça sur le compte de la non mise à jour de la fiche, même si les derniers commentaires ne sont pas trop anciens (avril 2016).

Avec cette découverte, l’envie nous prend d’aller faire un tour sur la fiche métier du « Conseiller(ère) et assistant(e) en technologies de l’information et de la communication (CATIC) » que l’on connaît bien dans notre EPN, car on accueille chaque année des stagiaires CATIC venant principalement de l’AFPA et du centre de formation LASER.

Cette bonne intuition nous permet, par rebond, de mettre enfin la main sur notre suspect.

On apprend d’abord que le CATIC n’est plus et qu’il est remplacé par un autre titre professionnel (TP) :

L’accès à la certification n’est plus possible (La certification existe désormais sous une autre forme (voir cadre « pour plus d »information »))

TP : Titre professionnel Conseiller(ère) et assistant(e) en technologies de l’information et de la communication

Nouvel intitulé : Conseiller(ère) médiateur(trice) en numérique

Voici donc la pièce centrale de notre dossier : la fiche métier Conseiller(ère) médiateur(trice) numérique (CMN) du RNCP, code 26573

Les pièces du dossiers

Notre première partie d’enquête s’achève ici et en guise de synthèse, il est utile de redonner ces 4 pièces du dossier qu’on aura plaisir de décortiquer pour comprendre qui se cache vraiment derrière le médiateur numérique :

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Classé dans Culture numérique

Quel numérique dans le 12e et pour qui ?

Définir des axes pour les 3 ans à venir

Tous les trois ans, nous essayons de comprendre au mieux qui sont les habitant(e)s, les acteurs (économiques et institutionnels) du 12e arrondissement et quels sont les enjeux sur le plan de la santé, de la culture, des loisirs, des solidarités, des échanges sociaux et économiques…

Pouvoir répondre aux attentes, aux manques, trouver avec vous des solutions innovantes ou reconduire des actions opérantes est pour nous tous d’une grande importance pour assurer une vie plus harmonieuse dans notre arrondissement et définir ainsi les grands axes de notre projet social.

Faire le portrait du numérique dans le 12e

En nous rapprochant à nouveau de vous, nous souhaitons ouvrir un temps de réflexion commune sur la question du numérique.

Aujourd’hui, le numérique est partout. Dans nos vies personnelles et professionnelles. C’est un fait qui s’impose. Comment cette mutation est-elle vécue par les uns et les autres est une question capitale, car le numérique peut rapprocher comme éloigner ou exclure.

Afin que tous, petits et grands, puissent être acteurs de cette nouvelle société qui se dessine chaque jour nous avons besoin de comprendre quels sont vos aspirations, vos craintes, vos rêves, vos blocages… en matière de numérique.

Faire le portrait fidèle du numérique dans notre arrondissement sera pour nous tous un guide précieux pour entreprendre ensemble les meilleures actions.

3 façons d’échanger (au choix)

Vous pouvez échanger avec nous sur les questions numériques de plusieurs façons :

Merci de votre participation.

L’équipe du Relais 59

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